Accueil»À la une»100ème Congrès de l’AMF: Le ferme dialogue d’Edouard Philippe !

100ème Congrès de l’AMF: Le ferme dialogue d’Edouard Philippe !

0
Partages
Pinterest Google+

   Dans un long exposé, « digne d’un préfet » selon certains élus critiques, le Premier Ministre, a tenu à rappeler (dans le détail) la politique de son gouvernement pour contenir la dette publique.

Ce fut un discours volontairement austère car Edouard Philippe a voulu persuader de la cohérence de sa démarche, de son engagement à un dialogue permanent avec les élus locaux mais avec la finalité de les voir s’inscrire dans son plan de « maîtrise de la hausse des dépenses de fonctionnement. » Rendez-vous est donc donné pour l’exercice 2020 et si l’objectif n’est pas respecté, alors la méthode changera !

En cela l’intervention calme et technique du Premier Ministre s’est révélée dès plus politiques avec, de fait, une mise en garde adressée aux 15.000 élus rassemblés à Paris !

Dans un premier temps, il a pris le contrepied de la position défendue depuis plusieurs semaines par François Baroin. Il ne s’agit pas de réaliser une baisse de 13 milliards des dotations accordés aux collectivités locales mais d’un coup de frein à la hausse régulière constatée ces dernières années avec une limitation au seuil de + 1,2% ! Il reconnait que le début de mandat a nécessité de répondre en urgence afin de dégager 4 milliards d’euros d’économie et ce, pour tenir l’objectif européen de 3% de déficit du budget de l’Etat. Aussi pour 2018, un dialogue doit s’instaurer. 

« Si les objectifs d’endettement ne sont pas tenus, il faudra que nous en tirions les conséquences. »

A l’exception des grandes collectivités territoriales (de 300 à 600 selon les critères de sélection), les maires de près de 35.000 communes conservent une liberté complète d’action pour tenir ce plan. Les élus des grandes villes auront, quant à eux, à définir un contrat d’engagement avec les Préfets.

Edouard Philippe se veut confiant sur l’esprit de responsabilité des maires dans la conduite de leur collectivité. Cette méthode (sa méthode) se doit d’aboutir, sinon il sera dans l’obligation de la revoir: « si ce contrat n’est pas respecté et si les objectifs d’endettement ne sont pas tenus, il faudra que nous en tirions les conséquences. »

Et d’imaginer une récupération des dépassements dans le cadre du Projet loi de finances 2020 concernant le groupe des 35.000 communes. Les exercices budgétaires 2018 et 2019 seront déterminants et le succès ou l’échec de cette maîtrise des dépenses locales se trouvera alors au cœur du débat des prochaines élections municipales… Edouard Philippe estime que cette logique contractuelle ne peut être considérée comme une volonté de recentralisation. Pour lui, l’objectif de ce contrat est de permettre le dégagement par les communes d’une capacité autofinancement local.

Il a terminé son intervention sur les mesures ayant suscité des inquiétudes ou des désaccords. Il rappelé le maintien du dispositif des emplois aidés en 2017 alors que son financement n’avait pas été entièrement assuré par le précédent gouvernement. Il a annoncé qu’en 2018 seulement 200.000 des 320.000 contrats seront maintenus et uniquement dans les domaines de l’urgence sanitaire et sociale. Enfin, la compensation de la hausse de la CSG sera mise en place pour la fonction territoriale et la fonction hospitalière…

Sur un ton calme, sans effet de tribun, le Premier Ministre a maintenu son cap, laissant ainsi au Président de la République toute l’opportunité de dresser de nouvelles orientations dans son intervention de Jeudi.

Article précédent

100ème Congrès des maires de France François Baroin : «je m'interroge sur la possibilité de maintenir les services de proximité»

Articles suivants

100ème Congrès des maires de France : Emmanuel Macron veut réformer en concertation !