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QUI SONT LES « GILETS JAUNES » ?

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La nébuleuse des « Gilets Jaunes » est une réalité complexe qui n’incarne nullement l’ensemble des Français
ou, comme le prétendent les oppositions radicales, le « peuple ». Il s’agit d’un vaste mouvement de protestation
composé de groupes qu’il faut bien distinguer.

  1. UN MOUVEMENT DE REVENDICATIONS SOCIALES : Le mouvement des « Gilets Jaunes » naît d’un refus : l’augmentation des prix des carburants. La contestation s’élargit et les « Gilets Jaunes » dénoncent les inégalités sociales, l’injustice fiscale et les fractures territoriales. Le mouvement est alors soutenu par une large majorité des Français, parce qu’il exprime la colère des travailleurs pauvres et d’une France oubliée qui demande plus de pouvoir d’achat, moins d’injustice, plus de démocratie et de transparence. Nous sommes, au début des « Gilets Jaunes », moins dans une logique de lutte des classes, au sens marxiste du terme, que dans une fracture entre les élites et une France devenue
    invisible, celle des villages et des campagnes. Il n’est pas question des banlieues et des populations issues de l’immigration. Cette France invisible, qui connaît des fins de mois difficiles, se sent méprisée à la fois par une technocratie qui a confisqué le pouvoir et par les habitants des grandes métropoles. Cette colère a été contenue pendant des décennies. Les revendications, malgré les slogans du type « Macron démission », ne sont pas véritablement politiques. La demande est sociale : du social, encore du social, toujours du social. En apparence, ce mouvement se rattache à une gauche réformiste. On voit d’ailleurs, aujourd’hui, des figures à l’origine du mouvement des « Gilets Jaunes » se désolidariser de ceux qui ont changé radicalement la nature du mouvement, en appelant à l’insurrection populaire et en justifiant les violences urbaines. On voit d’ailleurs la droite extrême et identitaire, avec Marine Le Pen, et la gauche radicale, avec Jean-Luc Mélenchon, tenter de récupérer le mouvement. Marine Le Pen et JeanLuc Mélenchon exhibent les programmes électoraux qu’ils ont défendus lors de la présidentielle de 2017 en disant : « Regardez, toutes les revendications des Gilets Jaunes sont dans nos programme.» Marine Le Pen va jusqu’à dire : « Si nous avions gagné l’élection, il n’y aurait pas de Gilets Jaunes ! »
  2. UN MOUVEMENT INFILTRÉ selon la mécanique mobilisation sociale légitime et violences urbaines (ultra-droite, ultra-gauche, « casseurs) : Tout mouvement social, dès l’instant qu’il s’exprime à travers des manifestations de rue, a vocation à être infiltré par des mouvements politiques, qui cherchent à l’instrumentaliser, et des groupes de
    « casseurs », qui cherchent à en profiter. L’infiltration politique : a)L’infiltration politique est triple : il y a l’ultra-gauche, l’extrême droite et les mouvements anarchistes. Ces trois composantes ont pour objectif le désordre sous la forme des violences urbaines et des attaques contre les forces de l’ordre. Leur intention est de détruire la République et d’abolir la démocratie bourgeoise et ses institutions. Qui justifie ces violences urbaines ? Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui voient dans cette violence la montée d’une insurrection populaire, celle du « peuple », un concept commode qui permet à Jean-Luc Mélenchon de réactiver la lutte des classes et à Marine Le Pen de promouvoir son combat contre les élites mondialisées.
    b) L’infiltration par des « casseurs » délinquants : des « casseurs » délinquants cherchent à profiter de ces
    violences urbaines pour venir se servir dans les boutiques qu’ils saccagent et pillent. Ces « casseurs » n’ont
    évidemment rien à voir avec les « Gilets Jaunes ».
  3. L’HÉTÉROGÉNÉITÉ DE LA NÉBULEUSE DES « GILETS JAUNES » : La nébuleuse des « Gilets Jaunes » apparaît aujourd’hui comme un mouvement dont l’hétérogénéité nuit à sa crédibilité. Quel groupe porte véritablement les revendications de l’ensemble du mouvement ? Aucun groupe. On voit même se multiplier, au sein du mouvement,
    les lignes de fracture. On voit aussi se multiplier les insultes entre « Gilets Jaunes » et, dans certains cas, les menaces de mort. La lecture des pages Facebook des figures du mouvement est révélatrice de l’hétérogénéité des revendications. Les « Gilets Jaunes », comme le Mouvement de Mai 68, est porteur d’une demande de révolution culturelle beaucoup plus qu’une demande de révolution politique. La crédibilité, à défaut de popularité, est du côté d’Emmanuel Macron, elle n’est ni du côté de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon, le grand perdant de la révolte des« Gilets Jaunes ».
    L’erreur d’Emmanuel Macron aura été de réaliser en même temps la baisse de l’ISF, transformé en IFI, et l’augmentation de la CSG. La véritable révolution macronienne aurait été de commencer son quinquennat par un « Grenelle social ». C’est un peu ce qui se passe aujourd’hui avec le « Grand Débat National ».

Christian GAMBOTTI
Bureau des études
de France Unie

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