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CE QUE DISENT LES MAIRES DE FRANCE : ANALYSE D’UN MALAISE ET D’UN MAL-ÊTRE !

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Le dernier élu qui conserve la confiance de nos concitoyens est le maire.

Dévoué à sa commune et à son territoire, le maire reste l’incarnation des valeurs de la République.

Aujourd’hui, il est comme le joueur de rugby qui, recevant la dernière passe, se retourne et ne voit personne derrière lui. Il se retrouve en première ligne sans avoir les moyens d’agir.

Le fonctionnement vertical de l’Etat l’oblige à s’inscrire dans une vision globale décidée d’en haut, ce qui ne correspond pas à la diversité des territoires, dont la logique est celle d’un fonctionnement horizontal dans le cadre d’une véritable décentralisation. Or, les maires assistent aujourd’hui à une recentralisation rampante et lorsqu’il y a décentralisation, cette décentralisation creuse les inégalités entre les territoires, les communes les plus fragiles n’ayant pas les moyens de financer les compétences qui leur sont transférées.

Autre paradoxe que dénoncent les maires : il leur est demandé de défendre la commune, or, l’Etat fait tout pour favoriser le regroupement des communes en particulier par des incitations financières. Pris dans l’étau du regroupement de communes, les conseillers municipaux se demandent alors à quoi ils servent.

Le Congrès des Maires qui vient de se tenir à Paris a permis l’expression claire d’un malaise, celui d’un dialogue de plus en plus difficile entre les communes et l’Etat, et d’un mal-être, celui de la très grande majorité des maires.

Un récent sondage montre que 60% des maires envisagent de ne pas se représenter lors des prochaines municipales. Mais, ils ne seront que 30% à ne pas se représenter, un chiffre habituel qui s’explique le plus souvent pour des raisons personnelles et non pas par un esprit de renoncement. Etre maire reste un véritable sacerdoce.

D’ailleurs, très peu évoquent la question des indemnités ou les risques de judiciarisation de la fonction.

Mais, un maire peut-il être entendu ?

Ce n’est pas évident avec l’aggravation des fractures territoriales. L’aménagement des territoires tend vers une métropolisation qui concentre toutes les activités, produit des richesses et des savoirs. Si les services publics ferment dans la ruralité, c’est parce qu’il n’y a plus d’entreprises. Que sont devenues beaucoup de villes industrielles, en particulier dans les Hauts-de-France ? Quelles sont les activités qui peuvent remplacer l’ancien tissu industriel ? Les maires doivent aujourd’hui faire preuve de ténacité, de courage et d’ingéniosité, afin de redonner vie aux communes et aux territoires qu’ils administrent. Il appartient à l’Etat de renouer le dialogue avec les maires.

Etait-il nécessaire que Macron se rende au Congrès des maires ? Sûrement, afin de marquer le profond respect qui est dû aux élus locaux.

Avec France Unie, nous voulons affirmer le rôle essentiel du local dans la reconstruction de la France.

Cette reconstruction du pays demande que soit résorbée la fracture qui s’aggrave entre nos élites et la France des périphéries et de la ruralité. Les « Gilets jaunes », dans leur grande majorité, représentent cette France oubliée, ces territoires marginalisés, ce qui permet à un maire de dire : « les Gilets jaunes sont l’expression d’une colère dont nous sommes les porte-parole. »

 

Marc FRAYSSE

Ancien Député

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