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Comment interpréter les signes avant-coureurs de la colère des Français ?

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Au lendemain de l’élection présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon, qui voulait s’affirmer comme le premier opposant à Macron, a tenté́ de mobiliser les Français contre la politique du gouvernement. Toutes les initiatives qu’il a prises ont échoué.

La CGT, dans son combat contre la réforme de la SNCF, a aussi échoué́ dans sa tentative de mobilisation des Français.

Il apparait même, aujourd’hui, que Mélenchon ne se révèle pas, aux yeux des Français, comme porteur d’une alternance crédible. Ses excès contre les perquisitions qu’il a subies, ont fini par le décrédibiliser.

La CGT apparaît aujourd’hui en perte de vitesse. L’échec de Mélenchon et celui de la CGT face à la politique de Macron s’expliquent simplement :

 

1) d’abord, Macron a été élu pour porter le changement

2) il a bénéficié́, à ce moment-là̀, d’une période de grâce

3) les reformes, dont celle de la SNCF et certaines plus libérales, ont été́ acceptées par la majorité des Français

4) une opposition portée par une gauche radicale trotskiste et un syndicat qui apparaît encore lié au parti communiste a peu de chance d’être entendue par les Français.

Jusqu’à l’été 2018, le gouvernement Macron semble pouvoir poursuivre la mise en œuvre de son programme.

Les choses ont manifestement changé aujourd’hui. Le point de départ du discrédit qui frappe actuellement Macron et sa politique se situe au moment où commence l’« Affaire Benalla », largement sous-estimée par l’Elysée qui tarde à réagir et qui réagit mal. S’en suivent une série d’erreurs dans la communication de l’Élysée. Les départs de Hulot et de Collomb viennent aggraver ce discrédit qui se traduit, pour le Président, par une chute vertigineuse de sa cote de popularité́. L’accusation d’arrogance est aujourd’hui partagée par de nombreux Français.

Ce qui est plus significatif, c’est que le mécontentement s’exprime parmi des électeurs qui ont voté́ pour lui, en particulier les retraités. L’augmentation des taxes sur l’essence provoque un vaste mouvement de protestation. Les classes moyennes, qui subissent un véritable matraquage fiscal, se sentent trahies.

Cette situation doit permettre à la droite de gouvernement et à la gauche réformiste de se reconstruire. Ni la France Insoumise, ni le Rassemblement national, qui n’ont pas la capacité́ de nouer de véritables alliances électorales, ne peuvent prétendre constituer une alternance crédible.

Reste le « syndrome italien », avec une alliance des extrêmes portées au pouvoir à cause de l’impuissance de la classe politique traditionnelle. On a vu, à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen applaudir Mélenchon et des figures de l’extrême droite le soutenir.

Cette alliance peut-elle exister et remporter les élections ? Cette hypothèse est peu probable. Cette colère sourde constatée en cette rentrée est profonde et durable et se traduira par une évolution politique en faveur d’une force politique, d’un leader qui saura rassembler au-delà̀ de son camp actuel. La gauche républicaine, divisée, reste une force capable d’alternance mais il lui faudra se regrouper autour d’un projet et d’une équipe. Laurent Wauquiez devra être capable de tendre la main à toutes les composantes héritières du gaullisme. Sinon ce qui est improbable aujourd’hui ne le sera plus demain !

Marc FRAYSSE

Président de France Unie

Ancien Député

 

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