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CRISE DES INSTITUTIONS ET DE LA REPRESENTATION PARLEMENTAIRE ?

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La crise des « Gilets Jaunes » ouvre un débat sur les institutions de la Vè République et la représentation parlementaire. Vivons-nous une crise institutionnelle telle qu’il nous faut passer à la VIè République et abandonner la représentation parlementaire issue du suffrage majoritaire à deux tours pour une assemblée constituante ?

A l’évidence, la démocratie parlementaire doit être corrigée par deux éléments : l’introduction d’une dose de proportionnelle et l’utilisation des outils d’une démocratie plus participative sur certains sujets.

Pour la gauche radicale, la crise économique s’accompagne d’une crise institutionnelle. Selon le philosophe marxiste Ameyric Monville, « la constitution bonapartiste de la Ve République (…) entrave une représentation réelle du peuple français et un partage équilibré des pouvoirs. » Il ajoute : « C’est une crise institutionnelle car Macron est trop faible quant à sa légitimité et trop fort quant aux pouvoirs dont il dispose. Donc la seule chose qu’il doit faire c’est partir. Et il faut que nous changions la constitution, pas seulement nous débarrasser de Macron mais rendre cette constitution plus parlementaire, plus équilibrée, moins sur le modèle bonapartiste voulu par de Gaulle, et qui pouvait peut-être lui convenir parce qu’il pouvait prétendre incarner la Nation à cette époque.Mais aujourd’hui cela ne peut plus fonctionner comme ça. »

L’idée d’une crise institutionnelle se retrouve à l’extrême droite, comme dans tous les partis politiques qui ne peuvent prétendre accéder au pouvoir par les urnes. L’une des questions qui se pose est la suivante : de Gaulle a-t-il conçu les institutions de la Vè République pour lui-même dans son désir d’incarner un « monarque républicain » au pouvoir fort. Pour nous, gaullistes, la réponse est non. De Gaulle a conçu les institutions de la Vè République pour ses successeurs. Porté par l’Histoire, il n’avait pas besoin de conforter sa légitimité. En revanche, il fallait sortir des faiblesses de la IVè République essentiellement liées aux institutions, une IVe République qui connaît une histoire politique mouvementée, marquée par une grande instabilité gouvernementale. Plus de 22 gouvernements se sont succédé de 1947 à 1958, des gouvernements formés des trois grands partis de la Libération. Si personne ne conteste le rôle de la IVè République dans la modernisation de la France et l’ouverture sur l’Europe, on retient surtout l’instabilité gouvernementale. La Vè République, de Gaulle l’imagine pour ses successeurs qu’il souhaite voir libérés du poids des partis politiques.  Notre Histoire récente lui donne raison : les alternances successives, les cohabitations, l’impopularité des Présidents, tout cela n’a pas empêché la France d’être gouvernée à travers des majorités stables.

La crise des « Gilets jaunes » reste une crise sociale avec des revendications légitimes. Ce n’est pas une crise institutionnelle. En revanche, l’accélération de l’Histoire fait qu’il est nécessaire de corriger la démocratie parlementaire par des outils de démocratie participative, tels qu’ils existent dans un pays comme la Suisse. Le grand débat national qui s’ouvre doit être l’occasion de réfléchir sur ces outils, leur contenu et les modalités de mise en œuvre.

On se souvient que, dès l’automne 1945, il apparaît pour le Général de Gaulle, que les conceptions des principaux partis sont inconciliables entre elles et plus encore avec ses propres conceptions. Pour de Gaulle les jeux politiciens, si préjudiciables à la IIIe République, troublent de nouveau la conduite des affaires publiques. Il choisit de quitter la direction du Gouvernement provisoire le 20 janvier 1946. Pour de Gaulle, le pays et la démocratie ont besoin d’un exécutif fort. Pour les partis de gauche, la démocratie ne peut s’incarner que dans une assemblée unique toute puissante, ce que défend Mélenchon avec son assemblée constituante. Bien sûr, nous préférons de Gaulle à Mélenchon, la démocratie parlementaire au socialisme tropical cubain ou vénézuélien.

 

Christian Gambotti

 

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