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Enquête 2017 de la BEI : Le secteur privé moteur de l’investissement en France

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La conférence sur les perspectives de l’investissement en France, organisée par la BEI et la Banque de France, a mis en évidence une reprise de confiance des entreprises. Le niveau d’investissement se rapproche de celui de la période antérieure à la crise de 2007-2008.

L’enquête 2017 du Groupe BEI sur l’investissement et le financement de l’investissement en France (EIBIS) a été réalisée auprès de plus de 600 entreprises hexagonales. Elle dévoile un fait positif majeur, la progression de l’investissement pour une majorité de responsables d’entreprise l’année dernière et leur volonté de poursuivre sur cette voie en 2018.

Le point majeur de l’étude est le rôle déterminant de cette évolution tenu par le secteur privé : « les entreprises manufacturières se distinguent en misant plus que les autres sur de nouveaux produits, l’internationalisation, la technologie et l’innovation ».
Ces mêmes entreprises rencontrent moins de difficultés pour trouver les personnels qualifiés que leurs homologues européennes. Ce rapport s’inverse sur la question de la réglementation du travail : « l’incertitude face à l’avenir et la réglementation du marché du travail sont toutefois les barrières à l’investissement le plus souvent citées. »

Repères / Avis d’experts

« Je souhaite la création d’une Union de Financement »

François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France, a souligné : « L’investissement et l’innovation sont la clé d’une croissance durable et équilibrée. Pour innover, les entreprises doivent être en mesure de prendre des risques, ce qui nécessite davantage de financement par fonds propres. C’est pourquoi je souhaite la création d’une Union de Financement : un ensemble complet et ambitieux qui permette d’orienter les 400 milliards d’euros d’excédent d’épargne de l’Europe vers l’innovation. »

 

« Créer un écosystème propice à l’investissement »

Ambroise Fayolle, Vice-Président de la banque de l’UE et responsable pour les opérations de la BEI en France, a déclaré : « Nous assistons à un réel retour de l’investissement en France, principalement porté par le secteur privé et par les entreprises de l’industrie manufacturière en particulier. Les premiers impacts en termes d’emploi sont perceptibles. L’investissement dans les infrastructures publiques est cependant en baisse constante depuis 2013, avec une diminution remarquée dans les domaines des transports et de l’éducation. A travers des produits dédiés, le groupe de la BEI peut contribuer à réduire le déficit d’investissement qui s’est accumulé pendant les années de la crise et créer un écosystème propice à l’investissement, en particulier pour les jeunes entreprises innovantes, et en misant encore davantage sur les disponibilités du Plan Juncker. »

 

« Renforcer l’investissement en capital humain et en recherche et développement »

Debora Revoltella, Directeur du Département des affaires économiques de la BEI, a souligné : « L’incertitude face à l’avenir et la réglementation du marché du travail sont perçues par les entreprises en France comme les principaux obstacles à l’investissement. En revanche, la disponibilité de personnel possédant les compétences adéquates inquiète moins en France que dans le reste de l’Europe, grâce aussi au fait que les entreprises en France sont les championnes pour la part de l’investissement dédiée à la formation des employés. En même temps, environ une entreprise sur trois estime que la formation professionnelle et l’enseignement supérieur devraient constituer la principale priorité en matière d’investissement public dans le futur proche. Pour préparer l’avenir, il est donc important de renforcer l’investissement en capital humain et en recherche et développement. »

 

 

Les données principales de l’enquête (extraits)

  • « La majorité des entreprises françaises affirment avoir renforcé leurs activités d’investissement au cours du dernier exercice financier et 85 % des entreprises ont investi au cours de ce même exercice, un chiffre identique à celui de la précédente enquête et similaire à la moyenne de l’UE (84 %). Cependant, le nombre d’entreprises en France qui considèrent avoir un déficit en termes de machines à la pointe de la technologie et de bâtiments et installations ayant une efficacité énergétique élevée apparait plus important que chez les voisins européens. »
  • « Les entreprises de l’industrie manufacturière (94 %) étaient plus susceptibles d’investir que celles des secteurs de la construction et des services (respectivement 81 % et 74 %). »
  • « L’incertitude quant à l’avenir constitue l’obstacle à l’investissement le plus fréquemment cité. »
  • « La disponibilité de personnel possédant les compétences adéquates préoccupe moins d’entreprises en France (62 %) que dans l’ensemble de l’UE (72 %), tandis que la réglementation du marché du travail soulève plus d’inquiétudes en France (71 %) que dans l’UE (62 %). »
  • «  En France, les financements externes, en particulier les prêts bancaires, représentent une plus grande part du financement de l’investissement que les fonds internes (51 % contre 46 %), contrairement à la moyenne des entreprises dans le reste de l’UE. »
  • « Lorsqu’il s’agit d’indiquer les priorités en matière d’investissement public, une entreprise sur trois estime que la formation professionnelle et l’enseignement supérieur devraient constituer la principale priorité (32 %) de l’investissement public au cours des trois prochaines années. »

 

 

 

 

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