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Entretien avec Bruno Le Roux : « Relions l’Europe à ses peuples »

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   Député de Seine Saint-Denis et président du groupe Socialiste, républicain et Citoyen à l’Assemblée, Bruno Le Roux a commencé sa carrière comme maire d’épinay. Il est aujourd’hui le responsable de la cohérence législative du Parti socialiste, qu’il doit concilier avec la politique gouvernementale.

La confiance a été votée pour le gouvernement de Manuel Valls. Que pensez-vous de ce remaniement gouvernemental ?

Nous avons un bon gouvernement. Et cela pour au moins trois raisons. Un, il s’agit d’un gouvernement véritablement resserré. Le mercredi matin autour de la table du conseil des ministres, ils seront seize ministres plus le Premier Ministre et le Président de la République. Il ne s’agit pas d’ailleurs de resserrer pour resserrer mais de resserrer pour permettre la délibération et la cohérence politique. Il faut qu’ils discutent entre eux de tous les sujets pour pouvoir mieux décider et surtout mieux porter la décision collective. Deuxième raison : il s’agit pour l’essentiel de ministres expérimentés, qui connaissent le fonctionnement de l’Etat et du parlement. Cela renforcera ce que je viens d’énoncer. Troisième raison : la liste complémentaire des secrétaires d’Etat permet d’insuffler la part de renouvellement nécessaire à toute équipe. Il y a de nouvelles têtes que les Français vont apprendre à connaitre. Elles viennent du groupe socialiste à l’Assemblée et je peux vous dire que les Français devraient apprécier ces nouvelles personnalités. Pour toutes ces raisons, je suis convaincu que le gouvernement que conduit Manuel Valls incarnera pleinement la deuxième étape du quinquennat de François Hollande et permettre de mettre en oeuvre « le nouvel équilibre » que j’appelle de mes vœux.

Les tensions internes du PS se reflètent elles au sein du groupe à l’Assemblée ? Peut-on parler de groupes dans le groupe ?

Bien sûr que ce que vous appelez les tensions internes se reflètent au sein du groupe à l’Assemblée, et cela est bien normal. Les différences d’appréciations ne s’évaporent pas comme par magie en traversant le boulevard Saint-Germain, qui sépare le siège du Parti socialiste de l’Assemblée. Mais – je l’ai dit à plusieurs reprises – les réunions de groupe et l’Assemblée en tant que telles – ne sont pas des lieux où se joueraient un congrès permanent. Il n’y a pas de courant au sein du groupe, encore moins de groupe dans le groupe. Il y a un groupe majoritaire, qui vote, à chaque fois depuis le début de cette mandature, les textes présentés par le gouvernement. Nous en débattons et je laisse toujours le débat aller à son terme et ensuite la solidarité et l’esprit de responsabilité jouent à plein.

Quelles sont les thèmes à mettre au cœur de la campagne des élections européennes selon vous ?

Il y a un enjeu lors de ces élections et il est d’importance : retisser le lien entre les peuples et l’Europe elle-même. Cela est particulièrement vrai concernant le peuple français. L’Europe est désormais trop perçue comme un espace de contrainte, de règles imposées, un espace dans lequel les technocrates auraient pris le pouvoir. Cette perception n’est pas toujours fondée – L’Europe n’impose rien aux Nations qui n’ait été décidé par elles mêmes. Pour autant, l’Europe n’est plus perçue comme un espace de protection et de projet. Nous devons imposer ces thèmes-là dans la campagne d’une Europe de la croissance au service de l’emploi. Un autre débat s’imposera pour lequel le Premier ministre a énoncé la position française lors de sa déclaration de politique générale : l’Euro, aujourd’hui trop fort qui pénalise notre compétitivité. 

Propos recueillis par la rédaction

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