Accueil»À la une»FAUT – IL RETENIR DES MANIFESTATIONS DU 1 ER MAI 2019 L’EFFACEMENT DES SYNDICATS ?

FAUT – IL RETENIR DES MANIFESTATIONS DU 1 ER MAI 2019 L’EFFACEMENT DES SYNDICATS ?

0
Partages
Pinterest Google+

On ne retiendra pas, des manifestations du 1er Mai 2019, le nombre de participants. Ce nombre importe peu. En revanche, on retiendra la difficulté pour les syndicats traditionnels d’organiser une fête des travailleurs qui commémore les combats du monde ouvrier depuis le massacre de Haymarket Square, survenu à Chicago le 4 mai 1886. Le 1er Mai, devenu une journée de célébration des combats des travailleurs et des travailleuses, est célébré dans de nombreux pays. Les grandes manifestations qui se déroulent le 1er Mai viennent nous rappeler qu’il n’existe aucun système économique innocent et que la question sociale reste posée et qu’elle se pose aujourd’hui plus que jamais dans nos sociétés modernes où règne l’illusion du bien-être.

Or, qu’avons-nous constaté ce 1er Mai 2019, comme lors du 1er Mai 2018 ? Le monde ouvrier, à travers ses syndicats et les mouvements associatifs qui le représentent a été empêché de s’exprimer à cause de la présence des « casseurs », que ce soient les « Black Blocs’ ou les ‘Ultra Jaunes », dont le seul objectif est de détruire.

Le Secrétaire général de la CGT, le plus vieux syndicat de France, Philippe Martinez, a dû renoncer à tenir son traditionnel point de presse qui ouvre la manifestation. Les incidents entre Gilets jaunes, Black Blocs et forces de l’ordre ont fait que les syndicats ouvriers ont été dépossédés de cette légitimité qui est la leur, lorsqu’il s’agit de défendre le monde du travail.

Totalement occupées à di user les violences commises par les « Black Blocs » et les « Ultra Jaunes », les chaînes d’info en continu auront laissé peu de place aux syndicats ouvriers. Ce 1er Mai est apparu comme une journée sans syndicats.

Pour nous, gaullistes, il n’est pas question de remettre en cause le rôle des syndicats, même celui de la CGT, certes longtemps instrumentalisée par le parti communiste, mais dont le 1er Mai a toujours été le jour de gloire. Le 1er Mai rassemblait autrefois 1 million de manifestants dans une ambiance de fête populaire. Avec les « Black Blocs » et les « Ultra Jaunes », nous revenons aux années de violence de l’anarcho-syndicalisme français, qui voulait, par la violence révolutionnaire, abolir conjointement le capitalisme et l’État. L’anarcho-syndicalisme existe en germe chez les « Ultra Jaunes ».

Afin de s’attirer les bonnes grâces des « Gilets Jaunes », Philippe Martinez tente de faire du gouvernement le responsable de sa mise à l’écart de la manifestation du 1er Mai. Il a tort de « surjouer » les victimes d’une répression policière qui ciblerait la CGT. La réalité est autre.

Pour ma part, je n’oublie pas que cette édition 2019 célébrait un anniversaire : en 1919, le Sénat rati ait la journée de travail de 8 heures et faisait du 1er Mai une journée chômée, une Fête des travailleurs.

Pour le plein épanouissement de notre démocratie, il est nécessaire que le monde des salariés s’exprime à travers des syndicats représentatifs.

MARC FRAYSSE

Ancien Député

Président de France Unie

Article précédent

QUELLE RÉPONSE POLITIQUE APPORTER A LA CRISE SOCIALE ?

Articles suivants

L’INTERÊT CROISSANT POUR L’AFRIQUE : L’EXEMPLE DU JAPON ET DE L’ALLEMAGNE, LE RECUL DE LA FRANCE