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IL EST URGENT DE REDÉFINIR NOTRE ENGAGEMENT POLITIQUE !

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Par commodité ou par paresse, nous avons continué à faire de la politique comme autrefois, l’élection

d’Emmanuel Macron n’y a rien changé. Le « nouveau monde » s’est contenté de reprendre les recettes du vieux monde : matraquage fiscal, fiscalité écologique punitive, pouvoir ‘jupitérien », c’est-à-dire jacobin à l’excès.

Nous sommes restés enfermés dans une vision manichéenne de l’économie et de la société, fondée sur la vieille opposition entre la droite et la gauche et sur l’idée qu’il fallait s’adapter à une mondialisation qui, entretemps, avait changé de nature.

Les partis politiques traditionnels n’ont pas mesuré ce changement de nature de la mondialisation avec les excès d’un capitalisme financiarisé. Nos « élites » ont continué à diffuser le mythe de la « mondialisation heureuse » avec des « premiers de cordée » qui devaient tirer vers le haut l’ensemble de la nation.

Nous n’avons pas vu, ou voulu voir, malgré les alertes nombreuses, que les fractures se multipliaient au sein de la société française et entre les territoires. La fracture territoriale a d’abord été celle qui existait entre la ville et les banlieues. Le Front national a prospéré sur l’émergence des violences urbaines provoquées par une jeunesse issue de l’immigration, enfermée dans la « prison à ciel ouvert » que sont les quartiers difficiles

devenus les territoires perdus de la République.

Le mouvement des « Gilets Jaunes » est une révolte différente, une révolte qui ressemble à celle des « petits blancs » qui ont élu Trump aux Etats-Unis ou permis l’émergence d’une vague populiste en Italie, en Hongrie, avec l’arrivée au pouvoir de partis extrémistes.

Le mouvement même des « Gilets Jaunes » a changé de nature : la France oubliée, marginalisée, celle des ronds-points, dont les revendications sont légitimes, s’est laissé déborder par des activistes d’extrême-droite et d’extrême gauche, dont le but est de détruire la République et notre démocratie, mais aussi des « casseurs délinquants ».

Redéfinir notre engagement politique, c’est revenir à l’essence même de l’action politique : agir pour éviter la soumission aux forces extérieures qui nient l’homme et réformer le pays dans l’intérêt de tous les Français, sans exception, et de tous les territoires.

Je ne suis pas naïf, ni victime d’un angélisme béat : je sais qu’il existe des intérêts divergents dans la

société, voire des luttes de classes, mais ce qui fonde l’unité nationale, c’est le sentiment qu’il existe une destinée commune, un destin partagée.

C’est cette destinée commune qui fait société.

Entre le pouvoir politique et l’économie, il y a, non pas rien comme disent les libéraux libertaires, mais la société, c’est-à-dire les femmes et les hommes qui, toutes et tous, ont droit à la part de dignité qui leur revient et au maintien de la promesse républicaine.

Les « élites » sont nécessaires, dans tous les domaines, mais des « élites » abreuvées à la source des valeurs républicaines et non pas à celle d’un capitalisme sauvage.

Marc Fraysse

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