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La Fin du « Grand Débat National » ! Et après ?

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Au moment où vous recevez la Lettre de France Unie, le « Grand Débat National » s’achève. Peu importe les polémiques qui, d’un côté, voient le gouvernement parler de « succès incontestable » et, de l’autre, les oppositions dénoncer le « Grand blabla » et une « campagne électorale déguisée ». Lancé par Emmanuel Macron le 15 janvier est la deuxième partie de la réponse de l’Elysée à la crise des « Gilets Jaunes », après des mesures en faveur du pouvoir d’achat.


Pour moi, l’heure n’est plus aux polémiques, mais bien à l’analyse des conclusions qui seront tirées et des mesures qui seront prises, afin de répondre à des revendications légitimes portées à l’origine par le mouvement des « Gilets Jaunes ». Ces revendications concernent le pouvoir d’achat, ce qui suppose, dans l’immédiat, deux directions : revenir sur les mesures prises qui pénalisent les retraités, arrêter le matraquage fiscal qui frappe les classes moyennes.

Toutes les réformes institutionnelles, comme la réduction du nombre de parlementaires, n’ont aucun effet sur le pouvoir d’achat. Quant aux revendications politiques portées par les oppositions radicales que sont le RN et la FI, elles ne peuvent être tranchées que par des élections qui s’inscrivent dans le respect du calendrier électoral. Les Français votent
pratiquement tous les ans : 2019, les Européennes, 2020, les municipales, 2021 les départementales et les régionales, 2022, la présidentielle et les législatives.
En revanche, permettre à la démocratie de respirer entre deux élections présidentielles me semble nécessaire.

C’est pour cela que je suis favorable au RIC, le Référendum d’Initiative Citoyenne, dont les modalités restent à fixer.
De toute évidence, à l’issue du Grand Débat National, il ne s’agit pas, pour Emmanuel Macron, d’appliquer le programme du Rassemblement national ou de la France Insoumise. « Garder le cap » ne signifie pas rester sourd à
des revendications de justice sociale. Les « Gilets Jaunes », celui des « frigos vides » et des « fins de mois difficiles » à l’origine du mouvement, sont des citoyens sérieux, capables de mener une réflexion sur des mesures à prendre en faveur des classes défavorisées et des territoires oubliés.`
Lorsque le mouvement des « Gilets Jaunes » a changé de nature, instrumentalisé par les oppositions radicales et des groupes politisés d’extrême gauche ou d’extrême droite, la stratégie a été de dénoncer une politique en faveur des riches et des très riches. On retrouve une situation connue historiquement : l’existence du communisme a fait basculer le libéralisme vers la droite.

Or, le libéralisme, pour être juste, doit être vertueux et régulé, en particulier dans le cadre de la mondialisation.

On peut imaginer que les décisions prises par le gouvernement à l’issue du « Grand Débat » viseront à retrouver le chemin d’un libéralisme vertueux, qui n’est ni de droite ni de gauche. Est-ce possible ?

Marc Fraysse
Ancien Député
Président de France Unie

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