Accueil»À la une»La fin programmée du mouvement gilet Jaune met elle fin aux Revendications sociales ?

La fin programmée du mouvement gilet Jaune met elle fin aux Revendications sociales ?

1
Partages
Pinterest Google+

Le délitement du mouvement des « Gilets Jaunes » 

Aujourd’hui, une majorité de Français demande l’arrêt du mouvement des « Gilets Jaunes ». Un sondage Odoxa Dentsu-Consulting réalisé pour France Inter, L’Express et la presse régionale, publié le lundi 25 février montre que 55 % des personnes interrogées souhaitent la fin du mouvement, alors que, majoritairement, dans toutes les couches de la société français, les Français soutenaient le mouvement à ses débuts. Seuls, les extrêmes veulent une poursuite du mouvement : 74 % des Insoumis, 67 % du RN. Le PS, à 58 %, LR, à 66 %, et LREM, à 92 %, souhaitentl’arrêt du mouvement. Il est évident que nous assistons à la mort programmée du mouvement des « Gilets Jaunes », même si ces derniers ont encore l’intention de conduire des actions à Paris et en province chaque semaine. 

Au-delà de la lassitude éprouvée par les Français, il existe une réalité politique : la greffe insurrectionnelle voulue par Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen n’a pas pris. On assiste même à un rejet des extrêmes, Macron restant le seul politique qui bénéficie d’une forme de crédibilité : les sondages lui sont favorables (Européennes, présidentielle si elle se tenait aujourd’hui) et sa côte de popularité remonte (33 % aujourd’hui). Macron bénéficie aussi du changement de nature du mouvement des « Gilets Jaunes » : les figures du dialogue, en particulier les femmes, ont disparu et il reste des figures contestables enfermées dans un délire insurrectionnel et « complotiste ». L’effondrement de Jean-Luc Mélenchon montre que la France Insoumise n’incarne pas une alternance crédible. Marine Le Pen ne parvient pas à convaincre, même si son socle électoral reste important. 

Est-ce la fin des revendications sociales ?

 Les revendications sociales à l’origine du mouvement des « Gilets Jaunes » ne sont pas éteintes et elles restent légitimes, car ces revendications sont celles d’une France oubliée, marginalisée, que l’on ne veut pas entendre depuis des décennies. J’ai souvent parlé dans mes analyses des livres du géographe Christophe Guilluy, qui avait, dans un livre 

Les revendications sociales à l’origine du mouvement des « Gilets Jaunes » ne sont pas éteintes et elles restent légitimes, car ces revendications sont celles d’une France oubliée, marginalisée, que l’on ne veut pas entendre depuis des décennies. J’ai souvent parlé dans mes analyses des livres du géographe Christophe Guilluy, qui avait, dans un livre crucial, paru en 2010, Les Fractures françaises, lancé l’alerte sur les colères de cette France oubliée. Rien n’est résolu dans ce domaine, même si le gouvernement tente de construire l’Acte II du quinquennat de Macron. Le « Grand Débat National » est une formidable idée, puisqu’il permet à Macron de renouer avec le terrain, de rencontrer les élus et aux Français de s’exprimer. 

Les oppositions républicaines, enfermées comme les oppositions radicales, dans un « Macron bashing », ont intérêt à apparaître comme des forces de proposition, ce qui n’est pas encore le cas. Il est évident que Macron n’appliquera pas le programme de la FI ou du RN, ni celui de LR ou du PS, il n’a pas été élu pour cela. Il ne faut pas attendre non plus une « révolution fiscale » au lendemain du « Grand Débat ». En revanche, de grandes orientations sociales doivent être prises, celles qui vont mieux protéger les Français et permettre, aux plus fragiles, de bénéficier des effets de la promesse républicaine, c’est-à-dire, tout simplement, ce à quoi ils ont droit.  Ne nous y trompons pas, le véritable enjeu reste celui du choix de la société dans laquelle nous voulons vivre. Quels sont les partis politiques qui portent un projet républicain et démocratique ? La réponse est évidente. 

Christian Gambotti 

Bureau des Études 

Article précédent

Qui paie des impôts en France ? Trop ? Ou pas assez ?

Articles suivants

La Fin du « Grand Débat National » ! Et après ?