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LA FRANCE AU DEFI DES URGENCES SECURITAIRE, SOCIALE, ECONOMIQUE ET ECOLOGIQUE DANS UNE MONDIALISATION QUI A CHANGE DE NATURE

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Comme le dit très justement Marc Fraysse dans son Edito, la mondialisation a changé de nature : ceux qui nous ont vanté une « mondialisation heureuse », thème que l’on retrouve encore dans les discours de Macron, comme celui d’une « Union européenne heureuse », sont obligés de déchanter. La mondialisation se déroule sur fond de guerres économiques d’une violence inouïe et des enjeux géopolitiques qui voient s’affronter des pays dans le contexte des guerres économiques nouvelles. Le Brexit, l’élection de Trump, la montée des vagues populistes partout sur la planète, l’alliance d’une droite extrême et d’une gauche radicale au pouvoir en Italie s’expliquent par le changement de nature de la mondialisation. Désormais, la France est au défi des urgences sécuritaire, sociale, économique et écologique dans une mondialisation qui a changé de nature.

  • L’urgence sécuritaire

Cette urgence revient au premier plan avec deux événements qui ne sont pas de même nature, mais qui montrent que nos sociétés démocratiques sont confrontées à une violence qui vise à les détruire : l’attentat terroriste de Strasbourg et le phénomène des « casseurs », lors des manifestations des « Gilets Jaunes ». L’attentat de Strasbourg nous rappelle que la menace terroriste existe toujours. Les « casseurs », lors des manifestations des « Gilets Jaunes », peuvent se classer en 3 catégories : le « casseur » occasionnel enivré par le mouvement des masses, le « casseur politique » qui veut détruire la démocratie bourgeoise et le « casseur délinquant » qui vient pour voler, piller. L’urgence sécuritaire oblige les sociétés démocratiques à mobiliser des moyens considérables, afin de garantir la sécurité des biens et des personnes et préserver nos valeurs démocratiques et institutionnelles.

  • L’urgence sociale

Cette urgence s’impose à tous les gouvernements des grandes démocraties, comme elle s’impose à l’Union européenne. Elle a été documentée et analysée depuis les années 1995. Cette urgence sociale a été celle des banlieues, elle s’est étendue à la France des périphéries et rurale. Elle prend la forme d’une lutte entre les élites et le peuple avec un déclassement de la classe moyenne. La promesse républicaine, c’est aussi la promesse d’une justice sociale. C’’est donc un nouveau « contrat social » qu’il nous faut concevoir. Quel est son contenu ? Son financement ?

  • L’urgence économique

Les anciennes puissances industrielles ont subi les phénomènes de la désindustrialisation et des délocalisations avec une stagnation des salaires et une baisse du pouvoir d’achat sur fond de chômage de masse. Comment réindustrialiser la France ? Créer des emplois ? Comment réaliser cette ambition gaullienne : la réconciliation du capital et du travail ?

  • L’urgence écologique

Tout le monde a conscience de la nécessité de répondre à l’urgence environnementale à travers l’orientation des politiques vers une transition écologique. L’urgence écologique se heurte à l’urgence sociale, ce que résume la fameuse formule « la fin du mois contre la fin du monde ». Les taxations écologiques apparaissent comme une fiscalité punitive contre les classes sociales populaires, mais aussi les entreprises. Les normes environnementales pénalisent nos agriculteurs. Comment assurer cette transition écologique sans pénaliser notre économie, nos agriculteurs et les classes populaires ?

Afin de répondre à ces 4 urgences, les offres politiques sont nombreuses. Elles vont de l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par l’offre, devenue moins audible, des grands partis républicains de gouvernement (droite républicaine, gauche réformiste, centristes). Un phénomène nouveau est apparu : le choc des migrations de masse avec un nouvel épouvantail le « pacte de l’ONU » sur les migrations. C’est donc un long travail difficile qui attend les dirigeants des grandes démocraties : bâtir un ordre mondial plus juste, condition nécessaire pour construire, dans chaque pays, une croissance plus inclusive et un ordre social plus juste. Le premier test véritable se déroulera en 2019 avec les élections européennes. Qui sortira affaibli ou renforcé de ces élections ?

Certains théorisent un ordre social selon lequel des élites riches accepteraient de financer des travailleurs pauvres et précaires ou des chômeurs à travers des amortisseurs sociaux. La colère de la France des oubliés porte aussi une exigence de dignité.

Christian Gambotti

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