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LA LETTRE DE FRANCE UNIE #270

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ÉDITO

UN TEMPS POUR SE RESSOURCER … MAIS SANS IGNORER LES RÉALITÉS !

Voici venu le temps des vacances ! Pour nombre d’entre nous, l’heure est à profiter de ses proches en partageant auprès d’eux de chaleureux moments. Cette trêve estivale pourra aussi nous offrir l’opportunité de (re)découvrir notre pays, ses régions et ses villages, riches d’un patrimoine inestimable, témoignage de notre histoire. Cette carte postale sera malheureusement courte, tant le contexte actuel que nous vivons porte en lui des sujets de préoccupation toujours plus prégnants.

L’énumération quotidienne de faits soit disant « divers » doit interpeler les dirigeants de notre pays. Madame Martine Aubry, maire de Lille, a tôt fait de réagir à une agression, lançant un appel à l’adresse de l’Etat pour que cesse « cet enfer » de la délinquance violente. Elle a su réagir alors que nous restons toujours dans l’attente d’une déclaration du nouveau maire de Lyon sur l’événement tragique au cours duquel une jeune femme a perdu la vie dans d’horribles conditions ! Aussi, je vous invite à prendre le temps de lire l’article sur l’ensauvagement de notre pays et signé de Natacha Polony. Nous livrant un éclairage personnel, la journaliste lève le voile sur l’ampleur du problème que certains ne veulent pas voir. Les « incivilités », pour reprendre le terme du Chef de l’Etat, créent un climat d’insécurité permanent. Et aucun stages sportif, ni aucun cours de « vacances apprenantes », ne parviendront à résoudre la question de la violence dans notre quotidien. Si rien n’est certes jamais inutile pour assurer la cohésion sociétale, l’urgence n’en reste pas moins à combattre une délinquance toujours plus mortifère. L’autorité de l’Etat ne peut plus être ainsi battue en brèche face à la fragilisation croissante du « vivre ensemble » défendu par l’universalisme républicain !

Se préoccuper de la sécurité de notre pays devient également une impérieuse nécessité dans un monde où les conflits approchent toujours plus près de nos frontières. La crise libyenne, l’affrontement de plus en plus évident entre la Turquie et l’Egypte, la posture de la Russie… toutes les conditions sont réunies pour créer et entretenir l’instabilité en Afrique et en Méditerranée. Il importera de veiller à l’évolution des relations entre la Grèce et la Turquie, avec des déploiements de navire de guerre en mer Egée. Et l’OTAN voyant ses membres se défier, il nous faudra en tirer rapidement les conséquences en modernisant et en développant nos forces armées.

Il reste enfin plus qu’essentiel de nous voir nous préparer à affronter une crise économique sans équivalent. Le gouvernement agit, déterminé à intervenir avec force et vigueur. La réussite est obligatoire et chacun doit apporter sa contribution. Une opposition républicaine doit épauler lorsque la situation l’exige, sans perdre pour autant son droit de critique. La rentrée sera difficile et nous contribuerons au débat, gardant à l’esprit notre devoir de servir notre République.

À tous, de belles vacances, à bientôt mais vigilance, toujours, pour ne pas voir reprendre la pandémie !

MARC FRAYSSE, Ancien Député et Président Fondateur de France Unie

POINT DE VUE

HUMILITÉ ET POLITIQUE

Ce ne sont pas deux notions souvent compatibles ! Et ceci explique sans doute en grande partie la mauvaise image des personnalités politiques auprès de nos concitoyens.
Un politique croit toujours que s’il ne se montre pas sûr de lui et de son action sa crédibilité sera mise en cause. Et si parfois il concéde une erreur c’est tardivement et sans l’accompagner d’actes immédiats et d’un autre comportement montrant qu’il va réellement faire autrement (cf. de récentes déclarations du Président Macron).
Que d’exemples de ce manque d’humilité ! Sans vouloir mettre en cause l’action du maire de Rilleux dans sa commune, son interview post second tour des municipales à l’Arriére Cour est édifiant ! Sûr de lui et considérant avoir raison sur tout ! Sans doute devrait-il méditer ce qui est arrivé à Laurent Wauquiez. Sans doute trop en avant en 2017 après les présidentielles. Depuis qu’il s’est recentré sur sa fonction de président de région, il donne une toute autre image, celle d’un homme proche de tous et bon gestionnaire. Je suis persuadé ce faisant qu’il sera réélu en mars et qu’un destin national lui sera à terme de nouveau envisageable.
L’humilité est une valeur que tout un chacun devrait accepter…et un politique comme chacun d’entre nous. Ce n’est pas un signe de faiblesse mais un comportement prouvant une capacité d’écoute et de dialogue. On peut, on doit avoir des convictions et des objectifs mais admettre que le chemin primitivement choisi n’est pas le meilleur et que pour réussir il faut convaincre, accepter si besoin de ne pas suivre la ligne droite. Montrer aussi par son discours que l’on ne prétend pas avoir toujours raison et que d’autres peuvent proposer des idées intéressantes. Le reconnaître n’est pas se renier.
Souhaitons pour Lyon et les villes gagnées par les Verts qu’ils sauront faire preuve d’humilité et qu’exerçant maintenant des responsabilité exécutives ils écouteront et éventuellement accepteront de concerter sur tel ou tel aspect de leur programme.      
Si nous voulons redonner confiance en nos élus, l’humilité est une vertu que ceux-ci devraient retrouver.

CHRISTIAN PHILIP, Ancien Député et Ancien 1er Adjoint de Raymond Barre

SOCIÉTÉ

S’UNIR POUR LA FRANCE

La France c’est plus qu’un État, c’est une Nation. Elle a d’abord été une construction politique autour d’une volonté royale, celle des Capétiens. Les souverains ont, à partir de l’île-de-France, affirmé une volonté contre les féodalités formées sur les ruines de l’Empire carolingien. Volonté, ayant une dimension religieuse (celle du catholicisme), une dimension culturelle sur la base d’une langue francilienne qui deviendra la langue de toute la Nation. Une construction empirique construite, d’abord en tenant compte de la multitude des territoires et des populations diverses (Francilien, Picards, Normands, Bourguignons, Occitans, Bretons). Un royaume qui s’est élargi en fonction des mariages, des successions, des guerres, des désastres et des victoires.

1789, transfère la souveraineté du roi au peuple. Celui-ci devient une entité politique. C’est la souveraineté populaire ou souveraineté nationale. 1789, amplifie la centralisation du pays au nom de l’égalité de tous devant la loi. Celle-ci devient expression de la volonté générale. L’empire renforce ce mouvement tout en confortant la nécessité d’une défense nationale pour protéger le territoire. Grâce à ce processus, nous devenons la première puissance militaire jusqu’au désastre de juin 1940. La Nation française prend conscience de sa fragilité et grâce à de Gaulle comprend que l’Unité est la condition première de sa survie.

La France n’est plus seulement une Nation charnelle qui s’enracine dans une histoire commune, mais surtout une idée qui déclenche une dynamique qui nous projette vers l’avenir. En ce sens, la France n’est pas un pays refermé sur lui-même, mais une vision d’avenir qui s’adresse à toute l’Humanité. C’est ce qui fait sa force, une volonté forte ouverte à tous ceux qui se reconnaissent dans la liberté.

Cependant, la France se trouve confronté à des défis qu’elle doit relever sous peine de s’affaiblir et même de disparaître. Ce n’est pas du nationalisme, c’est à la fois le respect d’un héritage glorieux au service d’un avenir pour nos enfants. C’est une Histoire, c’est un projet. La mondialisation, la construction européenne nous lancent de nouveaux défis. L’histoire de l’humanité est tragique et nous oblige à relever la tête.

Les périodes difficiles, pour ne pas dire sombres, remettent en question, l’idée même que l’on se fait de la France. Grand pays industriel dans les années 70 avec 28% de la population active, elle s’affaisse et recule à 10%. Première puissance agricole en Europe, il y a encore 10 ans, elle est reléguée en position secondaire. Notre système scolaire se fragilise. Le lien social se distend. Cela provoque un désarroi général qui se traduit par un recul de l’esprit démocratique et l’abstention atteint des records. Cela entraine une baisse de confiance et même un rejet de nos gouvernements successifs. La violence se répand et affecte les plus fragiles. Notre diplomatie devient impuissante et le rôle de la France dans le monde s’amoindrit. Certains parlent de la fin de notre Nation et au-delà de notre civilisation occidentale. Car cette crise affecte toute notre civilisation. On attaque les symboles de notre Histoire, de notre identité.

À France-Unie nous ne baissons pas les bras. Nous n’acceptons pas le déclin. Nous croyons à notre avenir. Nous avons compris que la France ne peut rebondir que si elle est unie. D’où le nom de notre mouvement. Depuis des années nous animons une publication internet hebdomadaire qui tente de remobiliser. A partir de septembre prochain, nous engagerons une initiative plus forte, créer un mouvement ouvert à toutes et à tous ceux qui ne baissent pas les bras et qui veulent reprendre le combat. Nous lancerons une série d’initiatives pour réfléchir, agir, construire. Nous voulons être une force de proposition et de mobilisation.

JOSÉ MARCO, Ancien élu de Villeurbanne et Historien

CULTURE

ERSTE, UNSERE EUROPA !

Enfant, une des premières contradictions culturelles qui m’a été donnée de vivre au sein de mon cercle familial tenait à notre pays voisin… l’Allemagne.

Mon père, alors socialiste convaincu et souriant encore de ses piètres notes d’élève en cours d’Allemand, passait sous le diamant du pick-up un grand vinyle d’où s’échappait des chants allemands chatouillant mon émotion. Peut-être faisait-il avant tout plaisir à ma mère, germanophile et bilingue accomplie depuis qu’elle avait fait ses premiers pas dans la Rhénanie occupée de l’après-guerre, son père y officiant alors en qualité de commissaire de police. Même si deux première guerres franco-allemandes avaient finalement convaincu nos ancêtre lorrains de s’établir dans la Drôme, je n’allais pas couper à la tradition familiale : forte de ma langue maternelle, c’est à l’apprentissage de la langue allemande que je devais me consacrer. Aussitôt dit, aussitôt fait dès ma 6éme qui s’acheva en 1979 sur un séjour d’un mois dans une famille de Berlin-Ouest. Face à son mur, dont on ignorait encore qu’il tomberait dix ans plus tard, l’atmosphère était lourde devant la relève de la garde russe, sans oublier les nombreuses croix qui le jonchaient au sol… en souvenir de ceux ayant vainement tenté de l’escalader pour retrouver le standard de vie confortable et joyeux des berlinois de l’Ouest.

De retour, mon récit de voyage passionné allait curieusement glisser sur mon Grand-oncle : ancien ingénieur chez Peugeot à Sochaux et ayant habité Montbéliard, il gardait l’odieux souvenir de la prestance des « bosche » à vouloir l’embarquer pour le « STO » … en vain, grâce à la complicité des amis et de son épouse. Dès lors, il avait gardé de ces temps obscurs une haine si viscérale pour l’Allemagne et son peuple que personne ne réussit jamais à lui faire mettre plus tard un seul orteil outre-Rhin. Mon récit de voyage n’allait pas davantage « faire mouche » auprès d’un autre grand parent dont j’ignorais qu’il avait été fait prisonnier de guerre. Ce dernier me fit alors le récit de son évasion, « deux trésors de guerre » à l’appui : deux fourchettes qu’il avait piquées aux « schleuh » et sur lesquelles la croix gammée avait été gravée.

Mon engouement pour le programme d’Histoire au Collège, puis au Lycée, n’en fut que plus fort. Et sans aucun paradoxe, mon intérêt pour la construction de ce qui était alors encore dénommée « Communauté européenne » allait être à la hauteur de mon entière admiration pour le courage et l’audace de ses pères fondateurs… partant de l’axe franco-allemand ! L’élargissement de ce qui allait devenir l’Union européenne aurait certes dû s’en tenir à l’entrée de l’Espagne et du Portugal ; ainsi aurions-nous pu travailler plus facilement à une Europe fédérale, le fédéralisme allemand ayant été éprouvé avec succès lors de la réunification de l’Allemagne.

De là, mon soutien appuyé à la campagne européenne, menée de concert par notre Président français et la Chancelière Merckel ! Lors de ce dernier Conseil européen, certains Etats-membre se sont certes montrés plus que frileux à l’égard des « cigales du Sud », préférant la logique de prêt à celle de subvention pour surpasser la crise économique. Frileux, ces Etats le sont, tout en prétendant au beurre et à l’argent du beurre ! C’est là sans doute sujet à déception. J’accorde pourtant toute ma confiance à  l’accord final et sa mise en œuvre. Oui, l’Europe, reste notre chance. Oui, l’Europe reste notre force. N’en déplaise aux complotistes qui crachent dessus, tout en demandant avec  « le cul de la crémière » !

SOPHIE BELMONT, Docteur en Droit

L’équipe de Direction de France Unie vous souhaite d’agréables vacances dans un esprit républicain !

Nous reprenons l’édition de LA LETTRE DE FRANCE UNIE la première semaine de septembre !

Bien fidèlement,

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