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Le Gaullisme Industriel Et Agricole A Cessé d’Exister Après Pompidou ?

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Pour nous, gaullistes, – et je tiens à rappeler que le gaullisme n’est pas une nostalgie et que ne vivons pas dans l’idée que c’était mieux avant -, a cessé d’exister avec l’avènement du libéralisme giscardien qui se caractérise par la disparition progressive d’une France industrielle, disparition qui va s’accélérer sous Chirac. La France va devenir le pays le plus « tertiarisé » d’Europe, or, les « richesses tertiaires » se créent dans les villes et les métropoles. Peu à peu, privée d’emplois industriels et agricoles, la France des périphéries et rurale va s’appauvrir et se marginaliser. Le phénomène de gentrification des villes, Bordeaux et Paris en sont les meilleurs exemples, est d’ailleurs en train de s’accélérer. « Gentrification » est un néologisme et un anglicisme qui désigne le processus de transformation du profil économique et social d’un quartier urbain ancien au profit d’une classe sociale supérieure.

Les classes populaires et moyennes sont rejetées en périphérie des villes.

Il n’est pas étonnant que Bordeaux soit devenu l’un des épicentres d’une contestation violente au moment de la crise des « Gilets Jaunes ». Des lieux symboliques de cette exclusion sociale, comme les Champs Elysées ou le Fouquet’s, ont été saccagés.

Les « Gilets Jaunes » ne sont pas une révolte contre Macron, mais le résultat d’une disparition progressive, après Pompidou, d’une France industrielle et agricole, dont les activités étaient plus harmonieusement réparties sur tout le territoire. La gauche et la droite ont orchestré cette disparition, entretenant l’illusion d’une France industrielle à travers le spatial, Airbus, le TGV et l’industrie nucléaire, et une France prospère au prix d’un endettement qui a permis le maintien d’une économie sociale « redistributive » hors marché. Pour nous, le gaullisme industriel et agricole, héritier du colbertisme industriel et financier, a disparu dans l’Après Pompidou avec une incapacité à penser l’avenir. La France a ainsi raté la révolution d’internet.

La création d’emplois dans les services n’a pas compensé la perte des emplois dans le secteur industriel. Sur une longue période, on constate que le nombre d’emplois privés n’a pratiquement pas bougé en France, environ 16 à 17 millions. Cela s’est traduit par une augmentation du chômage : 400 000 chômeurs en 1968 contre 6,5 millions aujourd’hui. Parmi les créations d’emplois dans les services, en dehors des cadres et des ingénieurs, on compte beaucoup d’emplois peu qualifiés et sous-payés (restauration, grande distribution, Ehpad, etc.) et une « ubérisation » de nombreux services (chauffeurs, livreurs). Les groupes étrangers qui ont racheté nos « champions » industriels ont-ils vocation à s’intéresser à la perte d’emplois dans la France périphérique ? Evidemment non, car leur « terrain de jeu » et planétaire. Le cas d’Alstom revendu à GE est révélateur d’une économie mondialisée et financiarisée qui conduit à supprimer 1 044 emplois à Belfort : 792 dans la branche des turbines à gaz, en difficulté, et 252 dans les services supports de ces activités (informatique, comptabilité…).

Droite et gauche ont failli en 45 années d’alternance paresseuses depuis l’avènement du libéralisme giscardien et la disparition du gaullisme industriel.

Christian Gambotti

Direction des études

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