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L’ordre républicain oui, dans le respect du droit de manifester

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Le 7 janvier 2019, il y a déjà 3 mois, lors du 20 h de TF1, le Premier ministre, Edouard Philippe, dénonçant les débordements dans le cadre des manifestations des « Gilets Jaunes », avait affirmé la détermination du Gouvernement de faire prévaloir l’ordre républicain et protéger le droit de manifester contre ceux qui ne veulent pas manifester, mais détruire.
Il avait déclaré : « Ce n’est pas ceux qui remettent en cause les institutions qui auront le dernier mot. (…) Nous ne pouvons pas accepter que certains profitent des manifestations pour casser. » Or, le samedi 16 mars, nous avons assisté au saccage programmé de l’avenue des Champs Elysées par des groupes organisés qui, certes, n’ont rien à voir avec les « Gilets Jaunes », mais qui, de façon évidente, les images l’ont montré, bénéficient de la complicité de certains « Gilets Jaunes ».
Le maintien de l’ordre républicain est confronté à deux défis : le respect du droit de manifester et le maintien républicain de l’ordre.

Le respect du droit de manifester

Manifester est un droit constitutionnel et les manifestations déclarées des « Gilets Jaunes » avec, à l’origine, des revendications sociales, sont légitimes. Le mouvement, lorsqu’il apparaît, en octobre 2018, est un mouvement spontané qui va se répandre, hors des partis politiques et des syndicats qui portent habituellement les revendications sociales, dans la diffusion sur les réseaux sociaux d’appels à manifester. Cette spontanéité et l’absence de représentants vont nuire au mouvement et changer sa nature pour aboutir à cette journée du samedi 16 mars qui a vu le saccage par des groupes violents et organisés des Champs Elysées. Personne ne confond le droit de manifester et les violences dont certains « Gilets Jaunes » se font les complices.
Qui peut prétendre que le gouvernement porte la responsabilité de ces violences ?

La manifestation pour le climat, déclarée, qui a réuni 45 000 personnes, s’est parfaitement déroulée, les forces de l’ordre assurant la sécurité des manifestants face aux risques d’infiltration par les « casseurs ».

Le maintien républicain de l’ordre.

Il appartient à l’Etat d’assurer l’ordre républicain, sans faiblesse. Qu’il y ait eu des dysfonctionnements dans la chaîne de commandement le samedi 17 mars est une évidence. Mais, tel n’est pas le sujet de mon Edito. Ma réflexion porte sur le « jusqu’où aller », lorsqu’il s’agit d’assurer le maintien de l’ordre républicain. Le débat porte sur les valeurs républicaines et le droit de manifester dans le respect des lois. Pour ma part, je considère qu’il faut faire preuve d’aucune faiblesse et utiliser tous les moyens que la loi autorise, en respectant les manifestants qui défendent leurs revendications avec courage et respect d’autrui.
Les mesures prises par le gouvernement et la loi anti-casseurs vont dans le bon sens, car il s’agit de sauver la République et de préserver nos libertés. Mais le président de la République et le gouvernement devraient aussi être capable de comprendre les revendications légitimes des Gilets Jaunes et des syndicats, et donc se remettre en question.

La situation sociale et économique de notre pays est grave et inquiétante. Il est urgent d’ouvrir les yeux et prendre les bonnes décisions, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Avec France Unie, nous travaillons à un projet novateur que nous vous ferons partager.

Le dialogue est essentiel.

Marc Fraysse
Ancien Député
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