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L’un des effets pervers du quinquennat : l e temps court des décisions face au temps long des réformes

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 Je n’ai jamais été un adepte forcené du quinquennat pour le mandat présidentiel. Certes, l’accélération du temps et de l’Histoire a conduit à l’instauration d’un quinquennat qui précède les élections législatives. 

L’élection présidentielle est ainsi devenue « la mère de toutes les élections », l’électorat étant conduit, tout naturellement à donner une majorité pléthorique au Président élu. 

Il en résulte une situation comme celle que nous connaissons aujourd’hui : un groupe LREM ultra majoritaire à l’assemblée nationale avec des députés élus sur le nom de Emmanuel Macron, mais qui se retrouvent désarmés face à un mouvement de contestation sociale inédit par son ampleur et sa durée, le mouvement des « Gilets Jaunes ». 

Aujourd’hui, qu’elle est la situation ? 

Point de départ : l’élection de Macron le 7 mai 2017. Tout se passe bien jusqu’à l’été 2018. En juillet 2018, le déclenchement de l’affaire Benalla va provoquer la plus violente crise politico-judiciaire du début du quinquennat de Macron et fragiliser le Président de la République. 

Ensuite, va surgir, en octobre 2018, le mouvement des Gilets jaunes, un mouvement social spontané qui naît, par la diffusion réseaux sociaux, d’appels à manifester contre l’augmentation de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. Ce mouvement va s’installer dans durée et changer peu à peu de nature. Mais, les revendications à l’origine du mouvement restent légitimes et elles traduisent certes une crise sociale, mais aussi une crise existentielle et morale. 

Viendront alors les premières mesures en faveur du pouvoir d’achat et l’ouverture d’un « Grand Débat National » qui va durer 3 mois. 

Fin du « Grand débat » et restitution des contributions par le Premier ministre, chargé de préparer le terrain en attendant qu’Emmanuel Macron ne présente, à la mi-avril, les mesures qui seront prises. 

C’est là que se joue l’exercice périlleux du quinquennat : agir dans un temps court, celui des mesures urgentes à prendre, et conserver le cap dans un temps long qui est celui des réformes. 

Autre exercice périlleux pour Emmanuel Macron, chacun attend la parole du Président de la République, le Premier ministre ne compte pas, d’ailleurs, il ne peut rien annoncer de concret, les ministres ne comptent pas, les députés ne comptent pas. Seule compte la parole présidentielle. 

On retrouve certes l’essence même de la Vè République, mais inscrite dans le temps court du quinquennat.

Est-ce une bonne chose ? 

Ce qui est certain, c’est que Emmanuel Macron, lorsqu’il annoncera les mesures concrètes qui seront prises, ne s’adressera pas uniquement aux « Gilets Jaunes », mais il parlera à tous les Français. Le « Grand Débat National » était déjà une manière d’inscrire tous les Français dans la réflexion sur les questions sociales, fiscales et institutionnelles.

 Marc Fraysse

Ancien Député

Président de France Unie

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