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L’URGENCE ECONOMIQUE, L’URGENCE SOCIALE ET L’URGENCE ECOLOGIQUE

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Une phrase formulée par un « Gilet jaune » est en train de devenir le symbole de cette fracture qui existe entre la France des élites et la France péri-urbaine ou rurale : Emmanuel Macron nous parle de « la fin du monde », nous lui parlons de la « fin de mois ». Est-il possible de lutter en même temps contre la « fin du monde » et contre « les fins de mois difficiles » ? D’un côté, il est question de l’urgence écologique, de l’autre, de l’urgence sociale, avec, comme paramètre, l’urgence économique. Ces trois urgences sont liées dans l’esprit des élites, elles sont dissociées et n’ont pas le même caractère d’urgence dans la France profonde. Cette dissociation a donné le Brexit en GrandeBretagne, permis l’élection de Trump aux Etats-Unis et conduit au pouvoir de nombreux mouvements populistes.

L’urgence économique

L’urgence économique suppose : 1) de rendre plus compétitive notre économie 2) de réindustrialiser la France. Le déclin industriel de la France est une réalité : délocalisations, recul des exportations, déficit du commerce extérieur, prise de contrôle des champions nationaux par des groupes étrangers, etc. La France industrielle est à reconstruire. Un plan d’action prévoit d’agir sur « 124 territoires », afin de relancer l’industrie. A Saint-Avold, la fin du charbon doit laisser la place à la chimie verte. Deux points positifs pour répondre à l’urgence économique : la France dispose de toutes les ressources intellectuelles pour une réorientation de son industrie ; notre pays, avec les réformes engagées, séduit encore les entreprises étrangères.

L’urgence sociale

L’urgence sociale demeure. Il ne s’agit pas de multiplier les aides ou de compenser des augmentations de taxes par des « primes » tous azimuts, mais de permettre aux gens de vivre décemment, et non de survivre, de leur travail, ce qui suppose l’augmentation du pouvoir d’achat et la baisse des impôts. Les amortisseurs sociaux font qu’il existe moins de précarité en France. En revanche, le nombre de travailleurs pauvres augmente. Ce débat sur l’urgence sociale s’est ouvert depuis des années. Il surgit aujourd’hui de façon visible avec le phénomène des « Gilets jaunes ».

L’urgence écologique

Personne ne conteste l’existence d’une urgence écologique. Doit-elle être traitée de façon massive etpunitive par les taxes avant l’urgence sociale ? Les « Gilets jaunes », qui ne sont pas contre l’écologie, s’interrogent sur le degré de priorité accordé par Emmanuel Macron à l’urgence écologique. Cette priorité semble surjouée par le gouvernement.

Le gouvernement doit trouver cet équilibre indispensable entre ces trois urgences. Cela ne peut se faire qu’à travers la mobilisation du local à même d’agir en fonction de la spécificité des territoires. Agir sur ces trois urgences s’inscrit dans un temps long avec la nécessité d’apporter des réponses immédiates dans certains cas. Ouvrir une concertation sur les trois prochains mois n’est pas une réponse suffisante. Emmanuel Macron dispose d’une majorité qui n’est pas encombrée par des dogmes idéologiques. A cette majorité d’agir. Au gouvernement d’innover. La technocratie ne doit pas remplacer les vieilles idéologies partisanes. Faut-il aussi rappeler que les taxes ne font pas la société, ni une destinée collective ? Or, le mot « collectif » a été employé plusieurs fois par Emmanuel Macron dans son discours de ce mardi 27 novembre.

Christian GAMBOTTI

Bureau des études de France Unie

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