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NE PAS CONFONDRE « DEBAT NATIONAL », « RIC » ET MESURES EN FAVEUR DU POUVOIR D’ACHAT !

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Personne ne conteste l’utilité de ce « Grand Débat National », comme personne ne conteste la nécessité d’instaurer le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne), afin de permettre à notre démocratie de respirer entre deux élections. C’est pour cela qu’avec France Unie nous participons au « Grand Débat » et que nous soutenons l’instauration du RIC.

            En revanche, la vraie question est celle des mesures qui seront prises en faveur du pouvoir d’achat, de la justice fiscale et de l’équilibre des territoires.

            Rien ne serait plus dangereux pour notre démocratie qu’un « Grand Débat National » qui se contenterait d’instaurer une « République du bavardage » et que se limiterait à des réformes constitutionnelles ou institutionnelles. Qu’il y ait moins de députés, que l’on supprime le CESE (Conseil Economique Social et Environnemental), que l’on instaure le RIC sont des débats qui viendront en leur temps.

            L’urgence est dans les mesures en faveur du pouvoir d’achat !

            Quelles sont ces mesures ? Augmentation du SMIC, baisse de la fiscalité et des taxes, annulation des augmentions de l’électricité et du gaz.

            Personne n’oublie que le mouvement des « Gilets Jaunes », apparu en en octobre 2018,  a pour motif le rejet de l’augmentation des carburants, plus précisément de la « taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques » (TICPE). La France oubliée et marginalisée, celle des territoires péri-urbains et de la ruralité, se révolte contre la hausse des carburants, car elle a besoin de la voiture pour se déplacer. La protestation s’élargit rapidement à d’autres revendications fiscales et sociales : hausse du pouvoir d’achat, baisse de la fiscalité, maintien des services publics. Si des revendications politiques apparaissent, l’urgence est celle de l’augmentation du pouvoir d’achat. Le mouvement des « Gilets Jaunes » pourrait être celui des « Frigos vides », du droit à une vie décente.

            Ce sont ces revendications légitimes que soutiennent encore les Français et non pas l’instrumentalisation politique du mouvement qui a changé de nature, comme en témoigne l’intrusion intolérable du gouvernement italien dans la politique intérieure française. Deux vice-présidents du Conseil, qui sont chefs de parti, immédiatement applaudis par Marine Le Pen,  ont apporté leur appui aux « Gilets Jaunes » : le chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S), Luigi Di Maio qui invite les manifestants à « ne rien lâcher » et le patron de la Ligue du Nord, Matteo Salvini qui voudrait qu’Emmanuel Macron démissionne.

            Le samedi 9 février, s’est déroulé l’Acte XIII du mouvement des « Gilets Jaunes », à Paris et dans les grandes villes de Province, montrant ainsi qu’il existe toujours cette demande forte de gain de pouvoir d’achat, de justice fiscale. Ce n’est pas le nombre de manifestants qui compte, ni la violence de  certains « casseurs » qu’ils soient « Gilets Jaunes » ou non, mais le sentiment de déclassement éprouvé par un grand nombre de Français.

            Cette colère risque de se manifester avec plus de force, si, à l’issue du « Grand Débat National », des mesures concrètes en termes de pouvoir d’achat ne sont pas prises.

            Le « Grand Débat National » doit permettre d’interroger le et les politique(s). Il doit permettre aussi, comme le Général de Gaulle le souhaitait, que le mot de « justice » ne soit pas confisqué par la gauche, et, aujourd’hui, par le Rassemblement national.

            Dans les années 1966, les notes de politique générale du Général de Gaulle montrent que de Gaulle est préoccupé par l’idée de « justice », idée qui revient sans cesse comme pour prolonger son Discours d’Oxford de 1941.

                                                                                                          Marc FRAYSSE

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