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POLITIQUE LA REPUBLIQUE ET LA DEMOCRATIE AU DEFI DES « GILETS JAUNES » ?

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Personne ne le conteste, le mouvement des « Gilets Jaunes » est un mouvement de colère qui est largement soutenu par les Français dans ses revendications sociales. Le soutien n’est pas l’adhésion à toutes les idées qui s’expriment à travers les « Gilets Jaunes » et dont certaines prennent la forme d’une violence insurrectionnelle contre la République et ses institutions.

            Pour notre part, avec France Unie, nous comprenons et nous soutenons les légitimes revendications sociales de cette France oubliée, dont la colère a longtemps été contenue, alors qu’elle s’exprime depuis 1995, – s’il faut fixer une date -, lorsque Jacques Chirac fait campagne sur le thème de la fracture sociale.

            Les grands partis républicains, de gauche comme de droite, se sont succédé au pouvoir sans jamais être en mesure de résoudre la crise sociale. L’accélération du temps politique oblige les présidents de la République à obtenir rapidement des résultats : Sarkozy a été battu en 2012, après un mandat ; Hollande a été interdit de se présenter en 2017, seule la solidité de nos institutions et de notre démocratie parlementaire lui permettant de ses maintenir au pouvoir pendant 5 ans ; Macron est contesté violemment par une partie des Français au bout de 18 mois.

            Le fait que les grandes orientations de la politique actuelle du gouvernement soient contestées et que cela se traduise par des manifestations est légitime. Le consensus, en démocratie, est une illusion, comme le fait remarquer, très justement, la philosophe Chantal Mouffe dans son livre « L’Illusion du consensus », paru en 2016.  Chantal Mouffe, inspiratrice de la gauche radicale, dénonce la célébration d’un « nouvel ordre mondial » qui apporterait enfin paix et prospérité aux peuples du monde. Ce « nouvel ordre mondial », d’inspiration très libérale, tente de nous faire oublier l’extraordinaire violence de la mondialisation et de l’économie financiarisée, violence qui a provoqué cette fracture entre les « élites » et le peuple. Macron lui-même a parlé, dans sa dernière déclaration, d’une mondialisation et d’une financiarisation de l’économie qui ont atteint leurs limites.

            En instrumentalisant les revendications sociales du mouvement, une partie, très minoritaire, des « Gilets Jaunes » veut rallumer, sous une forme violente, insurrectionnelle, la vieille lutte des classes. Les propos de Jean-Luc Mélenchon, pour qui la violence est le moteur des révolutions, vont dans ce sens. En étant de gauche et de droite en même temps, le macronisme a fait que les luttes politiques ont perdu de leur signification, ce qui explique l’acceptation des réformes par la majorité des Français au début du quinquennat. Mais, ce « consensus » très provisoire a fait croire au gouvernement que la paix sociale s’était imposée. Aujourd’hui, les dérives des manifestations montrent qu’il existe des antagonismes violents, irréductibles, qui remettent en cause les fondements mêmes de la République et de notre démocratie. La complaisance des oppositions républicaines pour ces dérives me fait penser à l’histoire de l’arroseur arrosé, que met en scène, en 1885, le film de Louis Lumière. Aujourd’hui, ce sont bien la République et la démocratie qui sont menacées par la violence insurrectionnelle d’une minorité qui avance, vêtue de « gilets jaunes », mais dont on découvre peu à peu les véritables intentions.

                                                                                                      Christian Gambotti

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