Accueil»Economie»Réforme de l’apprentissage: La “plateforme commune” du MEDEF et de Régions de France

Réforme de l’apprentissage: La “plateforme commune” du MEDEF et de Régions de France

0
Partages
Pinterest Google+

 

 Les grandes évolutions se font parfois sans bruit ! Le « bras de fer » qui opposait de fait, les Régions aux organisations patronales sur le projet gouvernemental de réforme de la formation professionnelle et l’apprentissage se conclut par un programme d’actions soumis à l’aval des parlementaires.

Le point de désaccord portait sur la maîtrise des fonds récoltés et la logique d’avoir une action décentralisée en conformité avec les réalités du terrain comme le rappelait Régions de France qui se voyait « dépossédée » des ressources générées par la taxe professionnelle dans le projet de loi au profit des syndicats patronaux. « Faisons de la réforme une réussite pour nos jeunes et nos territoires »  annoncent le MEDEF et Régions de France qui affirment partager les objectifs du projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » mais tiennent à la voir renforcer sur quatre grands thèmes car « décidée de Paris, elle restera stérile et inappliquée et conduira à un rétrécissement de l’apprentissage dans toutes les régions. »

.

Repères / Les quatre « défis » (extraits) 

Le premier défi pour réussir c’est celui de l’agilité et de la réactivité. Parce que les pays d’Europe qui réussissent sont décentralisés, nous réaffirmons notre volonté d’assurer un pilotage à la fois national et territorial, ambitieux et innovant de l’apprentissage au plus près du terrain. L’Etat ne peut tout faire. Ensemble, les Régions et les branches professionnelles doivent disposer des leviers pertinents de pilotage et de développement de l’apprentissage au plus près des entreprises et des territoires. De ce point de vue, la future agence “France Compétences” devra garantir la cohérence, la performance, et l’évolution continue du système. Il ne faut donc pas que la future agence France Compétences soit aux mains des seuls Ministères. Il en va de même de la recentralisation des primes aux employeurs d’apprentis ou de la suppression des financements des aides régionales aux apprentis. Nous réaffirmons notre attachement au quadripartisme, source de coopérations renforcées et au copilotage Région-branche, facteur d’efficacité.

Le deuxième défi est celui de l’anticipation des besoins de compétences de demain à l’échelle des bassins de vie et des régions, en prenant en compte la nécessité d’une vision réactive et territoriale, alors même que notre économie est directement impactée par les transitions numériques et énergétiques. Il faut libérer la capacité d’investissement et d’installation des CFA, mais, dans le même temps, il faut que soit confiée aux Régions et aux branches professionnelles la co-construction commune d’une stratégie régionale cible pluriannuelle et révisable annuellement. C’est la condition pour rassembler nos forces au service d’une même stratégie et supprimer les doublons.

Le troisième défi est celui de l’orientation pour attirer davantage de jeunes vers les métiers de demain, vers la formation professionnelle, vers l’alternance. En lien avec leurs compétences économiques et de formation, les Régions sont particulièrement bien placées pour piloter et coordonner les structures qui agissent dans ce domaine (ONISEP, CIO, CARIF-OREF, Missions locales, réseau information jeunesse, développeurs de l’apprentissage…) et les rapprocher des entreprises, qui sont les mieux placées pour parler des métiers. Les Régions, avec les entreprises, sont prêtes à s’engager pour donner à chaque jeune un véritable parcours d’information, de sensibilisation et d’accompagnement vers les métiers (réalité augmentée, rencontres, forums, stages, visites d’entreprises…). Une vraie étape doit être franchie par le Parlement dans ce domaine.

Le quatrième défi est celui de l’équilibre des territoires. Notre pays est fracturé et nous devons y prendre garde. Il ne s’agit pas de remettre en cause le financement de l’apprentissage au contrat décidé par le gouvernement mais il doit s’accompagner de moyens à la hauteur des besoins pour les Régions. Ce financement ne peut assurer le maintien et le développement de l’apprentissage que s’il est complété par des moyens financiers confiés aux Régions permettant une réelle adaptation aux besoins des CFA dans la ruralité et dans les quartiers.

 

 

 

Article précédent

Logement : Forte dynamique de construction en Île-de-France

Articles suivants

Aménagement durable : Partenariat de 3 ans entre la CNR et la Métropole de Lyon