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Trop De Ville Tue La Ville !

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L’épisode caniculaire que nous connaissons ces derniers jours, – un épisode exceptionnel qui risque de devenir notre banalité, car les canicules vont se multiplier dans les prochaines décennies -, conduit tous les observateurs à s’interroger sur la ville telle que nous l’avons conçue et construite à l’époque du béton-roi et de l’automobile omniprésente.

Une ville se caractérise par la multiplication des « îlots de chaleur » engendrant par un phénomène d’élévation de la température en ville un « îlot de chaleur » à la forme d’un petit dôme qui retient la chaleur au coeur des villes, contrairement à ce qu’il se passe dans les campagnes. A l’intérieur même, de cette ville sous cloche, le thermomètre varie selon les quartiers.

Ce phénomène commence à être pris en compte par les élus dans l’aménagement des villes, car la manière d’urbaniser peut réduire ou augmenter la température.

L’une des solutions pour faire baisser la température : verdir et végétaliser la ville ! Dans une politique globale d’aménagement des villes, s’ajoute désormais la végétalisation qui répond à des enjeux à la fois environnementaux, sociaux et sanitaires.

Le plus souvent, les villes comme Villeurbanne, qui ont mis en place un « plan climat », se limitent aux objectifs suivants : une diminution des émissions de CO2 et des consommations d’énergie, augmenter la part des énergies renouvelables.

C’est une étape, mais il faut aller plus loin en luttant contre les « passoires énergétiques » avec l’amélioration thermique des logements et en végétalisant les villes.

Si l’on prend l’amélioration thermique des logements, on s’aperçoit que les propriétaires privés et les bailleurs sociaux tardent à faire les travaux nécessaires, car, au bout du compte, ce sont les locataires qui paient les charges.

Au-delà de la végétalisation des villes (espaces verts, jardins, forêts urbaines, coulées vertes, zones humides) il est urgent aussi de végétaliser les « infrastructures grises » : autoroutes urbaines, pistes cyclables, voies de tramway, façades et toitures des bâtiments municipaux, parkings, ronds-points, etc.

Le « pacte écologique » est désormais l’une des composantes majeures de l’action municipale.

C’est aussi l’un des moteurs de l’attractivité des villes.

Dans son palmarès annuel des villes les plus attractives de France que réalise le magazine Le Point, parmi les agglomérations de plus de 80.000 habitants, Strasbourg se classe 1ère à partir de quatre grands critères : dynamisme économique, mobilité, connectivité et qualité de vie.

Elan économique et qualité de vie en ville ne sont plus incompatibles, bien au contraire. Des maires de droite et de gauche sont à la tête des villes les plus attractives pour leur élan économique et la qualité de vie.

Encore une fois, trop de ville tue la ville.

C’est donc une véritable révolution culturelle que nous devons accomplir, lorsqu’il est question de l’aménagement des villes.

Marc Fraysse

Ancien Député

Président de France Unie

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